Cette œuvre est la propriété de l’église Notre-Dame de Bruges et est gérée par Musea Brugge.
Chef-d'œuvre flamand
Si les scènes des Sept Douleurs de Marie représentées dans ce tableau peuvent être associées à l’iconographie traditionnelle et au style des Primitifs flamands, la disposition de celles-ci dans un décor d’architecture est une nouveauté dans l’art brugeois. Les motifs – têtes de bélier, guirlandes et feuilles d’acanthe – qui s’accumulent sur l’architecture classique sont ce qu’on appelle des grotesques, mot dérivé de l’italien « grotta » qui veut dire grotte. Au xive siècle, on découvrit à Rome les vestiges de la Domus Aurea ou Maison dorée, le palais disparu de l’empereur romain Néron, avec ses splendides plafonds peints. On crut d’abord avoir trouvé des grottes décorées, d’où le nom de « grotesques ». Les motifs des plafonds peints ont ensuite été fréquemment repris par les artistes italiens de la Renaissance et plus tard aussi par les maniéristes anversois. D’Anvers, la tendance s’est propagée à Bruges, où l’artiste Lanceloot Blondeel a fait abondamment usage de ces motifs exubérants. Mais ce fut donc aussi le cas d’Isenbrant. Ce tableau est ainsi le parfait exemple d’une sorte de fusion entre art du nord et du sud de l’Europe.