Suvée travailla à plusieurs reprises pour l’éminente famille brugeoise Van Outryve. Il fait ici le portrait d’Augustin, homme d’affaires prospère, armateur et assureur maritime. Il reprit le commerce florissant de sa tante, qui vendait des étoffes, des poteries, du thé, du tabac,.... Les inscriptions Paris, Hollande, Allemagne sur les dossiers indiquent le caractère international de son entreprise, alors l’une des plus importantes de Bruges.
Chef-d'œuvre flamand
Si nous regardons attentivement ce tableau, nous voyons que l’artiste a peint la tête du personnage portraituré au pinceau sur un petit bout de toile. À une date ultérieure, il a ensuite minutieusement intégré ce morceau dans l’ensemble plus vaste de la composition. Il ne fait aucun doute que Suvée a peint les traits du visage d’Augustin van Outryve sur le vif et qu’il a finalisé plus tard le reste du tableau dans son atelier. Sur le document qu’Augustin tient dans la main gauche, nous lisons que Suvée a achevé cette toile à Paris au mois de juin de l’an 1782 : « J.B. Suvée fecit Paris le 12 juin 1782 ».
Suvée a probablement peint le petit morceau de toile avec le visage sévère du commerçant pendant son séjour à Bruges au printemps 1780, soit deux ans avant qu’il ne mette la dernière main à la totalité du portrait. Suvée a passé au moins trois mois dans sa ville natale à ce moment-là. Il logeait chez son ami Emmanuel-Louis van Outryve d’Ydewalle, un jeune cousin d’Augustin van Outryve. Durant ce séjour de plusieurs mois à Bruges, Suvée a reçu bon nombre de commandes, à la fois du clergé local et de divers notables et amateurs d’art qui souhaitaient qu’il fasse leur portrait. Parmi eux, des membres de l’éminente famille Van Outryve, qui s’est adressée à plusieurs reprises à Suvée pour des portraits. Il s’agissait la plupart du temps de portraits en buste ou à mi-corps. Le portrait d’Augustin est le seul pour lequel l’artiste a recouru à un format plus grand que nature.