Sur les volets de ce retable dont le panneau central a disparu, la légende de la princesse anglaise Ursule est racontée à la manière d’une bande dessinée. Ursule accepta de se marier à deux conditions : que son fiancé se convertisse au christianisme, et qu’elle puisse faire un pèlerinage. En route vers Rome, elle et les membres de sa nombreuse suite furent massacrés par les Huns. Les deux femmes dans le registre supérieur du retable, l’Église et la Synagogue aux yeux bandés, incarnent la victoire du Nouveau Testament sur l’Ancien. Sur les volets extérieurs, les évangélistes et les pères de l’Église sont représentés en grisaille.
Chef-d'œuvre flamand
Ces volets peints faisaient partie d’un retable. L’œuvre était destinée à décorer une nouvelle chapelle qui fut inaugurée en 1474 pour le couvent des sœurs augustines brugeoises, que l’on appelait les Sœurs noires (en raison de leur habit noir). La chapelle était consacrée à saint Ursule. La dernière des huit scènes, en bas à droite, diffère du reste du retable, car elle ne représente pas un épisode de la vie de sainte Ursule, mais un fait qui se déroule à l’époque des Sœurs noires. Les notables qui s’agenouillent devant l’autel sont probablement les bienfaiteurs qui ont financé l’extension du couvent (et son aménagement, avec notamment l’installation du retable). Sur l’autel, nous voyons une représentation de sainte Ursule en sainte protectrice avec un groupe de personnes sous son manteau. Au-dessus de cette représentation se trouve une châsse.