Cette fois, c’est dans l’actualité qu’Odevaere a trouvé le sujet de son tableau d’histoire : la lutte d’indépendance grecque contre la domination ottomane. Il peint un héros de son époque : Lord Byron. En 1823, le célèbre poète romantique et aventurier part comme volontaire en Grèce pour apporter son soutien à la population, mais moins d’un an plus tard, il y meurt d’un accès de fièvre.
Chef-d'œuvre flamand
Lorsque ce tableau a été exposé en 1826, il a bénéficié de commentaires élogieux dans la revue d’art « L’Oracle ». Les jeux de lumière y sont décrits en termes lyriques : « Il est impossible de voir rien de plus vrai que la lumière de cette lampe qui éclaire Lord Byron, il semble voir vaciller la flamme sur ces belles draperies, sur ce corps si savamment dessiné. En opposition le peintre a placé la lune qui éclaire un beau paysage, effet qui n’est pas moins parfaitement rendu ; et de la combinaison de ces deux effets si opposés, il a tiré une harmonie, une force de coloris qu’on saurait difficilement égaler. »
La même source signale que, pour réaliser le portrait du poète, Odevaere s’est basé sur le dessin fidèle d’un témoin oculaire. Mais cela a-t-il réellement été le cas ? Lord Byron est mort dans des circonstances misérables, après une longue agonie. Une forte fièvre et des saignées (très courantes à l’époque) lui ont été fatales. Le rapport d’autopsie du docteur Millingen décrit sa dépouille en des termes moins poétiques. La réalité ne correspondait donc pas du tout à la vision idéalisée de la mort de Lord Byron qu’Odevaere nous propose.