Le sujet de ce tableau, la Glorification de la Vierge, était prisé à Bruges à cette époque. Des anges chassent les nuages, de manière à ce que la Vierge à l’Enfant apparaisse dans une auréole de lumière au-dessus de trois prophètes et de deux sibylles avec des prophéties et des prédictions sur des banderoles. Benson a répété régulièrement des compositions et des motifs comme les sibylles, qui reviennent dans d’autres significations dans son œuvre.
Chef-d'œuvre flamand
La propriété intellectuelle et créative d’une œuvre est un concept relativement moderne. Au xvie siècle, copier les grands maîtres était la chose la plus normale du monde. Elle était même vivement encouragée chez les élèves, car comment apprendre autrement ? Les artistes établis s’inspiraient eux aussi souvent d’œuvres d’autres maîtres, qu’il s’agisse de prédécesseurs ou de contemporains. Ambrosius Benson ne fait pas exception à la règle. Les sujets et compositions de ses tableaux s’inspirent souvent des œuvres de Gerard David, dans l’atelier de qui il travailla un moment. Pour la Deipara Virgo, Benson s’est sans doute basé sur la Virgo inter Virgines de Gerard David (vers 1509), la Glorification de la Vierge de Jan Provoost ou – hypothèse la plus plausible – sur une miniature du Livre d’heures aux fleurs (1520-1525) de Simon Bening. Cet emprunt n’enlevait rien à la qualité de son travail. Au contraire, l’ambition des artistes était d’imiter et de surpasser leurs prédécesseurs. Qu’en pensez-vous : Benson a-t-il réussi dans ce cas-ci ?
Cette œuvre est la propriété du KMSKA (musée des beaux-arts d’Anvers). Elle est en prêt de longue durée à Musea Brugge.